Historique
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| Note :
Le texte qui suit n’a
pas la prétention de couvrir l’histoire de la
MRC et de sa région de façon exhaustive et détaillée.
Ce n’est d’ailleurs pas son but. Celui-ci ne propose
qu’au plus, un survol et un historique sommaires des
grands axes de développement qui ont caractérisé
l’histoire collective régionale. |
L’origine
du territoire de la MRC et de ses environs débute
le 12 avril 1729, alors que le roi Louis XV concède
une seigneurie de 6 x 6 lieues à Charles de la Boische
de Beauharnais, chevalier, marquis de Beauharnais, gouverneur
général de la Nouvelle-France et à
son frère Claude de Beauharnais de Beaumont, capitaine
de vaisseau.
Suite au décès de son frère en 1738,
Charles devient l’unique titulaire de la seigneurie
du nom de Villechauve (nom d’origine de la seigneurie),
qui rappelle une autre propriété des Beauharnais
en France.
Charles meurt à son tour en 1749, veuf et sans enfant.
Selon la Coutume de Paris, son neveu et fils aîné
de Claude Beauharnais de Beaumont, François de Beauharnais,
devait recevoir la seigneurie. En raison de la négligence
des propriétaires à procéder au peuplement,
elle retourne au domaine du Roi.
Conscient de ses droits, François dépose une
requête au ministre de la Marine pour récupérer
le bien familial. Son vœu est exaucé le 14 juin
1750. Cependant, le traité de Paris de 1763, qui
confirme la cession du Canada à l’Angleterre,
force François de Beauharnais à se départir
de son bien. |
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Charles de la Boische de Beauharnais,
marquis de Beauharnais |

Alexander Ellice |
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Il décide alors de vendre sa seigneurie à
Michel Chartier, chevalier, seigneur de Lotbinière,
pour la somme de 24 000 livres au cours de France. Celui-ci
conservera la seigneurie de 1763 à 1795, moment où
il décide de la vendre en raison d’endettements
et d’un pressant besoin d’argent.
Il se résigne donc à se départir à
bas prix (9 000 livres) de Villechauve au profit d’Alexander
Ellice, un négociant d’origine écossaise
faisant fortune dans la traite des fourrures et l’acquisition
de propriétés foncières au Canada et
aux États-Unis.
Au début du XIXe siècle, Alexander Ellice
procédera notamment à la subdivision de la
seigneurie en secteurs, chacun étant identifié
aux noms des enfants de la famille Ellice.
Suite au décès d’Alexander en 1805,
la seigneurie connaÎt une période d’incertitude,
voire d’inertie; il faudra attendre une vingtaine
d’années avant que l’un de ses fils,
Edward, complète l’acquisition des parts de
ses frères pour devenir le seul seigneur de Beauharnois.
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Fait inusité dans
les annales de l’histoire seigneuriale canadienne, Edward
vend en 1839 sa seigneurie à une compagnie de colonisation,
la North American Colonial Association of Ireland (NACAI). Toutefois,
les projets visionnaires de la NACAI périssent, écrasés
sous le fardeau de sa dette, et Ellice reprend possession de la
seigneurie en 1851, qu’il conservera jusqu’à
sa mort en 1863.
Ellice fils intente alors des poursuites contre la NACAI pour
récupérer la part impayée de la dette. Une
entente intervient finalement le 28 juin 1866 qui stipule que
les rentes de la seigneurie de Beauharnois sont cédées
à la Montreal Investment Trust. En 1941, le gouvernement
du Québec procédera au rachat des rentes seigneuriales.
Développement démographique
La population du territoire seigneurial, qui couvre à l’époque
une superficie allant bien au-delà des limites actuelles
de la MRC, soit l’ensemble de l’actuel comté
de Beauharnois, la grande partie de Châteauguay, une partie
du comté de Huntingdon et une bande de terre dans le comté
de Napierville, connaît une forte croissance. Ainsi, la
démographie passera de 300 habitants en 1784, à
16 850 en 1831 et à environ 25 000 en 1852.
C’est d’ailleurs au début du XIXe siècle
que se développent en bordure du fleuve Saint-Laurent,
de même qu’au pourtour des lacs Saint-Louis et Saint-François,
les principales localités que sont alors la paroisse St-Clément
(Beauharnois) et l’agglomération de Pointe-du-Lac
(Salaberry-de-Valleyfield).
Des canaux au cœur
du développement économique
La proximité du fleuve comme principale voie de navigation
et de communication et l’abondance des ressources hydrauliques
et de leurs capacités énergétiques ne tardent
pas à susciter le développement et à contribuer
à l’arrivée de multiples entreprises.
Le creusage du premier canal de Beauharnois (1842-1845) sur la
rive sud du Saint-Laurent donnera toutefois le véritable
coup d’envoi au développement du territoire. Dans
les années subséquentes, plusieurs des municipalités
rurales de l’actuelle MRC verront le jour. Dès lors
s’implantent graduellement diverses entreprises liées
à l’hydro-motricité, à la fabrication
du papier et du textile, au commerce du bois ainsi qu’à
la mouture du grain. Simultanément à cet essor,
se développe le tissu social et religieux avec l’arrivée
de diverses congrégations.

L'ancienne usine "Kilgour"
à Beauharnois |

Moulin à scie et usine
de fabrication
de papier à Salaberry-de-Valleyfield |
Grâce à sa
proximité avec Montréal, Beauharnois, fondée
civilement en 1835, prend graduellement du gallon et ne tarde
pas à s’affirmer comme chef-lieu de la région,
une reconnaissance affirmée en 1858 par l’implantation
d’un Palais de Justice faisant suite à la création
l’année auparavant du nouveau district judiciaire
de Beauharnois. L’institution judiciaire devra cependant
être transférée en territoire campivallensien
à compter de 1901, suite à des pressions principalement
politiques.
Pour sa part, la Ville de Salaberry-de-Valleyfield fondée
en 1874 voit l’année suivante l’arrivée
de la Montreal Cotton, une importante industrie textile qui embauchera
à son paroxysme plus de 2 000 travailleurs. Parallèlement
à cette expansion industrielle se développe le réseau
ferroviaire dont les activités viendront appuyer cette
effervescence économique régionale.

L'usine "Montreal Cotton"
à Salaberry-de-Valleyfield |

L'ancienne gare du Grand
Tronc à
Salaberry-de-Valleyfield |
Les activités agricoles
demeurent toutefois prédominantes sur l’ensemble
du territoire, alors que la majeure partie des habitants de la
région travaille à la ferme. Un grand nombre d’artisans,
de commerçants, d’employés des transports
et des autres services ont en effet comme principaux clients les
agriculteurs.
Face à ce dynamisme industriel et agricole, le canal de
Beauharnois ne suffit plus à la tâche et l’on
doit rapidement lui substituer un canal de plus grande envergure
et de capacité plus imposante, soit le canal de Soulanges
qui sera activé à compter de 1899 sur la rive nord
du fleuve Saint-Laurent. Pour sa part, le canal de Beauharnois
rend définitivement l’âme en 1907.
En l’espace de quelques décennies, le canal de Soulanges
est à son tour voué à l’obsolescence
face aux exigences de l’industrialisation et des échanges
économiques du XXe siècle. Il cessera définitivement
ses activités en 1959 avec l’ouverture de la Voie
maritime du Saint-Laurent.
Dès 1929, on s’affaire en revanche à construire
artificiellement l’actuel canal de Beauharnois entre les
lacs Saint-François (Salaberry-de-Valleyfield) et Saint-Louis
(Beauharnois), un ouvrage gigantesque laissant au cœur de
terres agricoles une cicatrice de 24 km de long sur 1 km de largeur.
La construction du canal s’étend de 1929 à
1932 et permet en un premier temps, grâce au détournement
de 80% du débit des eaux du fleuve et à la rupture
de pente de 24 mètres entre les deux lacs, d’alimenter
la centrale hydroélectrique « Beauharnois »,
l’une des plus puissantes centrales au fil de l’eau
au monde, alors propriété de la Beauharnois Light,
Heat & Power, depuis intégrée au vaste réseau
de Hydro-Québec.
Construction de
la centrale hydroélectrique "Beauharnois"
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Depuis 1959, le canal de
Beauharnois fait de plus partie intégrante de la Voie maritime
du Saint-Laurent et permet en moyenne annuellement à quelque
2 000 navires commerciaux de pouvoir remonter ou descendre le fleuve, leur permettant ainsi
de transiter jusqu’au cœur du continent et aux Grands
Lacs. De sorte à mieux capitaliser sur cette infrastructure,
la Ville de Salaberry-de-Valleyfield se dotera d’ailleurs
de facilités portuaires dans les années 1960, un
complexe reconnu depuis comme seul port municipal au Canada.
Une industrialisation fondée
sur le secteur de la transformation
L’effort de guerre exigé par le second conflit mondial
fera appel au fort potentiel industriel de la région et
sera la bougie d’allumage à toute une phase de développement
du secteur secondaire et de la transformation.
Le secteur de Valleyfield et Beauharnois, avec le canal servant
de voie fluviale et offrant une surabondance d’énergie
hydraulique, jumelé à la proximité de Montréal
et à la main-d’œuvre expérimentée
de la région, connaîtra en effet dans la seconde
moitié du XXe siècle un important essor industriel.
À la Montreal Cotton et à la St Lawrence Alloys
(future Union Carbide et Elkem), s’ajoutent ainsi au fil
des années dans l’axe Valleyfield-Beauharnois, et
ce jusque dans les années 1960, une série d’industries
d’importance.
À titre d’exemples, on retient aujourd’hui
des noms d’entreprises aussi connues que Alcan Usine Beauharnois,
ExproTec, PPG, Nexen, Goodyear Canada, Noranda CEZinc et Eka Chimie
Canada.
Une activité agricole demeurée
fort importante
Même si l’économie industrielle fondée
sur le secteur de la transformation est fort importante sur le
territoire de la MRC, l’agriculture conserve encore aujourd’hui
une part plus qu’appréciable de l’activité
économique.
Malgré la proximité de Montréal et le développement
manufacturier de l’axe Beauharnois-Valleyfield, le caractère
rural de l’emploi a en effet perduré tout au cours
du XXe siècle.
La vocation agricole de la région, déjà bien
établie au milieu du XIXe siècle, se conforte au
fil des ans. En 1880, la majeure partie du territoire fait partie
du patrimoine foncier des agriculteurs. Ce quasi-monopole sur
le terroir perdure jusqu’à la fin des années
1920, au moment où des milliers d’hectares sont soustraits
à la production agricole suite au creusage du canal de
Beauharnois. Cette érosion du terroir se poursuivra dans
l’après-guerre et les années subséquentes
avec l’expansion des faubourgs et de l’industrialisation.
Alors que les superficies agraires s’érodent progressivement,
la nature même des activités agricoles se modifie
drastiquement. On assiste en effet dans les années 1860-1900
à une transition déterminante, alors que l’agriculture
vivrière cède graduellement le pas à l’élevage
et à la production laitière. Au cours des dernières
décennies se sont également implantées les
grandes cultures, tel que le foin, la luzerne, le trèfle,
l’avoine et le maïs-grain. Il n’est pas étonnant
d’apprendre qu’une entreprise agricole représente
aujourd’hui une valeur moyenne d’un demi-million de
dollars et qu’elle soit appelée à jouer la
carte de la concurrence à l’échelle continentale
et même mondiale.
Un territoire en constante évolution
Au terme de près de ces 300 ans d’histoire, le territoire
de la MRC de Beauharnois-Salaberry compte présentement
une population de près de 60 000 personnes réparties
en sept municipalités, dont les villes de Salaberry-de-Valleyfield
et de Beauharnois représentent ses pôles commerciaux
et industriels.
Les usines de transformation et l’activité agricole
représentent toujours l’essence même de son
économie, complétée par un secteur commercial
démontrant depuis quelques années une intéressante
expansion.
Les décideurs politiques et économiques du territoire
ne tarissent pas d’idées et d’efforts pour
s’assurer que la communauté régionale puisse
profiter d’une évolution constante.
Pour sa part, la MRC de Beauharnois-Salaberry a opté depuis
quelques années de jouer notamment la carte touristique
et culturelle, afin d’apporter sa contribution à
l’essor régional. Un Office du tourisme, un Parc
régional et un une Politique culturelle ne sont que trois
exemples d’initiatives auxquelles elle est tributaire, afin
de permettre à sa collectivité de s’affirmer
et de rayonner.
À sa façon, la MRC entend faire sa part, afin que
l’histoire de la région puisse se poursuivre aux
meilleures des conditions pour les générations futures.
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Guy Longtin
Agent de communication
MRC de Beauharnois-Salaberry |
Sources : |
Filion Mario, Fortin Jean-Charles, Viau
Roland et Lambert Pierre, «
Histoire du Haut Saint-Laurent »,
Collection « Les 12 régions du Québec »,
Institut québécois de recherche sur la culture, Les
Presses de l’Université Laval, 2000, 441 pages.
Gravel Denis, «
Histoire de Saint-Louis-de-Gonzague », Société
de recherche historique Archiv-Histo inc., 1996, 336 pages.
Julien Yvon, «
Beauharnois », Deuxième édition revue
et augmentée, 1985, 427 pages.
Comité histoire et patrimoine, «
Reflets campivallensiens – Guide patrimonial »,
2e tirage revu et adapté, 2000, 152 pages.
Centre de recherche et d'archives du Haut-Saint-Laurent «
Aux Origines » - Fonds Donald Tremblay
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| Iconographie
: |
Centre de
recherche et d'archives du Haut-Saint-Laurent «
Aux Origines » - Collections
: Pierre-Paul Clairmont, Écomusée des Deux-Rives,
Hydro-Québec, Roger Quenneville et Donald Tremblay
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